Hugh WEISS

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Fils de fabricant de drapeaux, Hugh Weiss suit des études au lycée de Philadelphie, puis à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, en 1940, après avoir pris des cours du soir en aquarelle les deux années précédentes.
Il entre en 1943 à la Fondation Barnes, diplômé en histoire de l'art, il va participer à la guerre du Pacifique pendant la seconde guerre mondiale. La vision des corps démembrés resurgiront dans ses toiles vers la fin de sa vie. À la fin de la guerre, il obtient plusieurs prix et bourses qui lui permettent de se rendre en Europe. C'est en 1948 qu'il s'installe à Paris, dans le quartier de Montparnasse et, sur l'invitation de Genevieve Asse, participe au Salon des moins de trente ans.
En 1949, il voyage en Italie et rencontre la photographe Sabine Weber, plus connue sous le nom Sabine Weiss, qu'il épouse le 23 septembre 1950. Deux mois plus tard, ils emménagent dans un petit atelier au fond d'une cour dans le 16e arrondissement de Paris. En 1964, le couple adoptera une fille qu'ils prénomment Marion.

1980 L’Eléphant bleu de Reims, 146x114, Acrylique et Huile sur toile © Hugh Weiss

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Hannibal sous la Coupole, 1983, acrylique sur toile, 200x200cm, © Hugh Weiss

Une première exposition personnelle est organisée en 1949. Entre 1950 et 1975, il présente vingt-cinq expositions dans des galeries et musées en Europe et aux États-Unis. De 1951 à 1956, il voyage beaucoup avec son épouse, lui peignant et elle photographiant. En 1964, il crée ses premiers Biplans mous. Il part aux Indes pour la première fois en 1975 en compagnie de son épouse et obtient le premier prix de la Triennale de New Delhi. Il développe son thème des Éléphants et autres bêtes dès 1974 et passera aux Architectures en 1978. Les thèmes des Cathédrales et des Coupoles démarrent en 1980. L'année suivante, il voyage en Égypte et reste marqué par le concept des barques sacrées de la mythologie égyptienne : barque solaire, barque Mésektet, barque Néchémet, barque Mândjyt ou barque Henou. En 1986, il effectue un second voyage en Inde. Ce n'est qu'en 1990 qu'il aborde le thème des barques et fleuves sacrés qu'il poursuivra jusqu'en l'an 2000.
En 1995, il obtient la nationalité française.
Si le mouvement Cobra a influencé son travail et qu’il est souvent associé à la Figuration Narrative, la peinture onirique d'Hugh Weiss qui propose des voyages imaginaires, histoires à tiroirs tragi-comiques, échappe à toute classification.
La dernière exposition de son vivant a lieu à Orléans, à la galerie Le Garage, du 2 juin au 1er juillet 2007.

Date par date

1925 Hugh Weiss naît à Philadelphie, aux États-Unis. Le commerce de son père, fabricant de drapeaux et « pavoiseur », le pousse à mettre en question très jeune les « grandes valeurs américaines » apprises à l’école primaire tels que la nation et le patriotisme, ce qui pourrait expliquer son anarchisme chronique.


1937 On dit de lui: « Ce garçon est un artiste. » Il le croit.


1938 Il prend des cours du soir d’aquarelle.


1939 À l’issue d’un débat familial, il est autorisé à assister à un cours de dessin de nu. Il découvre la peinture du Greco, puis de Cézanne.


1940 Il peint ses premières toiles. Une bourse pour l’académie des beaux-arts de Pennsylvanie lui est accordée grâce à un autoportrait déclaré meilleure peinture des élèves de tous les lycées de la ville. Ses parents, qui veulent faire de lui un avocat ou un médecin prospère, commencent par refuser, mais cèdent enfin à condition qu’il fasse parallèlement une maîtrise à l’université de Pennsylvanie. Il se rend à New-York tous les week- ends et se gave de musées et de galeries.


1943 Contre une déclaration de virginité artistique, son inscription à la fondation Barnes est acceptée.


1944-1946 Il participe à la guerre dans les îles du Pacifique sur des bateaux de débarquement. La vie dans les ports, la traversée houleuse de la mer de Chine, les carcasses des bateaux, les corps morts ou démembrés flottant sur l’eau, paraissent sur ses toiles, surtout dans les oeuvres récentes.


1947-1948 Il obtient plusieurs bourses et prix lui permettant de voyager et de continuer à parfaire sa formation artistique en Europe. Il est béneficiaire du G.I. Bill, bourse accordée par le gouvernement américain aux anciens conscrits désireux de poursuivre des études dans le domaine artistique (Sam Francis, Kenneth Noland, Shinkichi Tajiri, James Baldwin, Norman Rubington...). Il savait depuis longtemps qu’il allait vivre à Paris.


1948 Il arrive à Paris, où il vit et peint dans une chambre d’hôtel de Montparnasse. Invité par Geneviève Asse, il participe au salon des Moins de Trente Ans.


1949 Il voyage en Italie. Il rencontre à Paris la photographe Sabine Weber et l’épouse un an et demi plus tard. Fin novembre, ils emménagent tous deux dans un atelier du boulevard Murat. Ils se lient d’amitié avec des artistes tels que Shinkichi Tajiri et Norman Rubington.


1950 Il organise sa première exposition personnelle à la Galerie Huit, galerie coopérative fondée par de jeunes atistes américains du G.I. Bill pour diffuser leur travail. Il rencontre Corneille et Appel. Il est plutôt fier que quelqu’un ait écrit « Ordure » sur sa toile du salon d’Automne.


1951-1956 Tout en peignant, il voyage un peu partout avec Sabine et écrit des textes pour ses photoreportages. Le mouvement Cobra influence son travail.


1953-1963 Il ne cherche ni à exposer ni à participer à la vie artistique parisienne. Dubuffet, De Kooning et certains aspects de l’Abstraction lyrique l’influencent. Il fait la connaissance de Niki de Saint Phalle et devient son mentor pendant les 5 années suivantes.


1964 C’est la naissance de leur fille Marion. Les premiers biplans mous.


1965 Messagier l’invite à exposer au salon de Mai.


1966 Les chutes d’Icare, les fauteuils.


1968 Les cages, les fauteuils-cages, les femmes-fauteuilscages.


1970 Katsuko Takemoto, de la galerie Nippon, à Tokyo, s’intéresse à son travail et organise une exposition à trois avec Pierre Alechinsky, Jan Voss et Hugh Weiss. Amie fidèle, elle continue à le soutenir et à acheter ses oeuvres pour sa galerie et pour sa collection personnelle.


1974 Les éléphants et autres bêtes.


1975 Il obtient le premier prix de la triennale de New Delhi et voyage en Inde pour la première fois.


1975-1994 Il devient membre du jury du prix international de la peinture de Vitry-sur-Seine et du comité directeur du salon de Mai.


1977 Il obtient le grand prix du salon de Montrouge.


1978 Les architectures.


1980 Les cathédrales, les coupoles, le nouveau baroque.


1985 Il voyage en Égypte, où il est frappé par l’idée de notre traversée et par celle de la barque sacrée, qui prennent forme quatre ou cinq ans plus tard dans sa peinture. Mais déjà les automobiles et les accidents, véhicules de cette traversée, les annoncent.


1986 Il se rend en Inde pour la deuxième fois. Sa voiture est renversée par un camion et Sabine est blessée.


1990 Les premières barques, les fleuves sacrés.


1991-2000 Les traversées du Nil, du Léthé, du Styx, de l’Achéron...


1995 Il est naturalisé Français.


1997-2000 Les nageurs, les noyés et autres baigneurs, autres barques...


2003 Le complexe de Charon.


2007 Hugh Weiss nous quitte le 1er octobre 2007 à Paris.